La seule solution pour éviter le désastre

Face à la marée émotionnelle qui déferle aujourd’hui, il est urgent de revenir à une démarche rationnelle. Cessons de fantasmer ; raisonnons clairement ; regardons les faits et ce qui est objectivement réalisable.

Résumé : il y a une solution possible. Mais une seule.

Les faits : la France risque l’une des plus grandes catastrophes de son histoire. Une catastrophe dont elle risque de ne jamais se remettre. Un pays peut être détruit par des politiques lamentables. L’Argentine avant Perón fut une grande nation industrielle. Le Venezuela avant Chavez était l’envie de ses voisins. On pourrait accumuler les exemples.

Si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui elle mettrait en place l’un de deux candidats décidés l’un et l’autre à détruire le tissu même de la nation. D’un côté un groupe corrompu jusqu’à la moelle. De l’autre un Robespierre prêt à tout pour arriver au pouvoir et bien décidé, s’il y parvient, à exercer une dictature impitoyable pour qui ne pense pas comme lui. (Qu’on ne dise pas qu’il n’a aucune chance : son arrivée au pouvoir est tout à fait possible. Ni qu’il aboie plus qu’il ne mord : au contraire, il montre chaque jour son caractère autocratique et dominateur et ne cesse d’encourager ses partisans à la violence physique.)

Beaucoup déplorent cette situation mais la partie de la classe politique censée être raisonnable, dans sa totalité, fait tout pour déclencher le résultat qu’elle prétend craindre. La fascination de la présidence est telle que chacun se porte candidat.

Une seule de ces candidatures a une chance d’aboutir. Toutes les autres ne sont que des soubresauts de vanité. Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Benoît Retailleau. Ils le savent bien d’ailleurs ; ce sont des gens d’apparence honorable et certainement pas stupides. Alors pourquoi continuent-ils ? Par absence de patriotisme.

Prenons par exemple Attal. J’ai regardé ses propositions. Plusieurs sont absurdes, par exemple :

  • « Créer un grand ministère de l’eau ». Quelle ânerie monumentale ! Il y a déjà un ministère (dont le seul nom a besoin de 18 mots, symbole du délire bureaucratique français) et des dizaines d’agences de l’eau, comités de bassin, agences régionales de santé etc. etc. Plus qu’une ânerie, une mauvaise action : qui dit ministère dit ministre, secrétaires d’état, centaines ou milliers d’employés… Prébendes à l’infini. C’est sympathique de vouloir caser ses amis dans des jobs douillets mais pas à un moment de détresse financière où il faut supprimer ce genre de pactoles, non pas en rajouter. Une nouvelle structure implique aussi inévitablement de nouvelles normes à l’infini. C’est bien de vouloir réglementer mais pas à un moment de détresse bureaucratique où il faut supprimer ce genre de camisole, non pas en rajouter.
  • « Organiser un référendum sur l’accès des enfants à l’Internet ». Quelle bêtise historique ! Les Français ne seraient pas assez grands pour contrôler leurs enfants ? Ils ont besoin que le gouvernement vienne tout inspecter ? M. Attal n’a peut-être pas entendu parler des VPN (qui permettent à tout adulte ou enfant un tant soit peu dégourdi de contourner les blocages) ; surtout, il n’a apparemment pas non plus compris que si le gouvernement contrôle l’accès des enfants il doit contrôler l’accès de tout le monde : chacun de vos clics va dans la base de données du ministère de l’Intérieur ! (Disons que j’espère qu’il n’a pas compris car je ne veux pas croire qu’il ait lui aussi des aspirations totalitaires.)

Ce ne sont que deux exemples mais ils suffisent à montrer l’inanité totale des politiciens professionnels, leur déconnexion du pays, et leur insouciance coupable au regard de la catastrophe financière qui s’annonce inéluctable faute de redressement majeur et immédiat.

Même sans leurs propositions psychédéliques les Attal, Philippe et Glucksmann n’auraient pas la moindre chance d’arriver au second tour. Les Français ne voudront jamais quelqu’un qui a été associé à M. Macron. (Justement ou injustement, cela ne change rien. En 1974, comme on le voit bien avec le recul, Giscard d’Estaing était de loin le meilleur candidat. Les Français voulaient essayer autre chose que la droite. Ils en ont subi les conséquences mais Giscard ne pouvait rien y faire. La réaction de rejet aujourd’hui est bien pire.) De même pour les socialistes, qui ont eu leur chance, à plusieurs reprises, et l’ont gâchée. Qui aujourd’hui en France est nostalgique des années de gouvernement Hollande ?

Retailleau ne souffre pas des mêmes problèmes mais ne semble pas éligible, trop engoncé dans les habits de la droite classique.

Depuis quelques mois ceux qui cherchent à réfléchir de façon concrète et objective, comme le ferait un ingénieur, sont arrivés à la même conclusion :

Un seul candidat actuellement se tient entre nous et le désastre historique :
David Lisnard.

Fort de son expérience de chef d’entreprise (qui fait cruellement défaut à tous les autres) et de maire ayant assaini les finances de sa ville,  patient et déterminé, il tient un discours réaliste, ferme sans être incendiaire, faisant appel au bon sens, à la raison et à la tradition républicaine. Contrairement aux purs politiciens, il peut parler au pays profond et le détourner des extrêmes, en particulier des extrêmes corrompus de droite. Avec le soutien des forces démocratiques, enfin unies, il peut être élu.

Il n’est pas nécessaire de croire à l’homme providentiel. Chaque politicien a ses défauts. La question n’est pas là : il s’agit de choisir une solution qui va marcher. L’ingénieur ne construit pas le pont idéal : il construit le meilleur pont possible avec son budget, les matériaux disponibles, l’équipe, la configuration du terrain et les contraintes réglementaires. Dans le cas de l’élection présidentielle les choix sont en petit nombre et un seul a une chance de réussir à éviter la débâcle d’un pays qui a tant contribué à l’histoire de l’humanité.

Ceci est un appel à Messieurs Attal, Glucksmann, Philippe et Retailleau. Montrez que vous êtes des hommes d’Etat. Pour une fois, oubliez votre vanité, ou sacrifiez-la temporairement à l’intérêt national. Vous êtes jeunes, vous avez encore une possibilité de belle carrière (y compris sous une présidence Lisnard). Au pire vous irez affiner votre expérience dans le privé et reviendrez plus au fait des problèmes du pays réel. Mais au-delà de votre carrière — qui ne peut de toute façon progresser que dans un pays fort, riche et stable — vous avez le devoir de vous effacer.

Il a été beaucoup question, avant les scrutins précédents, de constituer un « bouclier républicain ». Mais c’était une décision facile car les extrêmes n’avaient pas vraiment de chance d’arriver au pouvoir présidentiel. Cette fois-ci, quel retournement !, ils y sont presque. Le feu est aux portes. L’heure n’est plus aux péroraisons autosatisfaites mais aux actes.

Messieurs Attal, Glucksmann, Philippe et Retailleau : désistez-vous aujourd’hui  solennellement et sans arrières-pensées, pendant qu’il est encore temps, au bénéfice de David Lisnard. Ce sera pour votre honneur et le salut de la France.

 

 

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